Le seigneur et la bergère

De Wikitrad
Aller à : navigation, rechercher
Informations diverses

Paroles : Anonyme
Musique : Traditionnel
Interprètes :
Origine : Ardennes
Danse :
Mp3 :

Paroles

Français/Patois ardennais Traduction française

—Bonjour, mon aimable bergère,
Le tendre objet de mon cœur !
Je viens dessus la fougère
M'offrir pour ton serviteur.

— Qui wi-je divant miz ouyes ?
Oh ! min Dieu! qui j'a iou pouie !
Nia m'cœur qui tremb' com' oune fouye,
D'voye in hom' ch'i hisdeux.

— Que manque-t-il à mon corsage,
Bell', pour vous épouvanter ?
Je vous donne mon cœur en gage,
Je demande vos amitiés.

— Vous m'fio là di drol' di contes !
Non, je n'vo vos nin yaimer.
Quand vos s'ri tôt seuye au monde,
Co je n'vorait nin m'marier !

— Si tu connaissais mes richesses,
Bell', tu quitterais ce hameau ;
Je te ferais la maîtresse
De toutes mes ferm's et châteaux.

- Ji m'moque di tot's vos richasses,
D'vos cinses, et d'vost'chastiax.
Bo to sola fou d'vot'tiace :
J'aim' bin miax m'bergi Colas.

— Ne méprise pas mes richesses,
Et encore moins qui je suis :
Je suis né de grande noblesse
Respectée dans le pays.

— Fusschi porchi, fusschi comte,
Fusschi baron, iou marquis,
Ji m' moque di tots vos contes :
Jamais vos n' couchero avu mi.

— Adieu, ingrate bergère !
Puisque vous n' m' voulez pas ,
Je m'en irai sur la fougère,
Pleurer l'heure de mon trépas.

— Vaz é ! j' seri bin, bin auge !
Dieu t'conduige les jimbes au yaut !
Tu n'déchistrais nin tes' chausses,
Sé ti n'es que d'l'ève jusqu'au co






— Qui vois-je là devant mes yeux ?
Ah ! mon Dieu ! Que j'ai eu peur !
Mon cœur tremble comme la feuille
De voir un homme si hideux.






— Vous me faites là de drôles de contes.
Non, je ne vous veux aimer.
Quand vous seriez tout seul au monde,
Je ne me voudrais pas marier.






— Je me moque de toutes vos richesses,
De vos fermes, de votre château

J'aime bien mieux mon berger Colas.






— Fussiez-vous porcher, fussiez-vous comte,
Fussiez-vous baron ou marquis,
Je me moque de tous vos contes :
Jamais vous ne coucherez avec moi.






— Va-t'en ! j'en serai bien, bien aise !
Dieu te conduise les jambes en haut !
Tu ne déchireras pas tes chausses,
Si tu n'as que de l'eau jusqu'au col !

Références

Collecté dans les environs de Sedan (Ardennes) et rapporté par Prosper Tarbé dans le tome 2 du Romancero de Champagne en 1863, page 164 (Lire en ligne).

Coirault : 04405 La bergère et le monsieur hideux