Le roi d'Yvetot

De Wikitrad
Aller à : navigation, rechercher
Informations diverses

Paroles : Béranger
Musique : Béranger
Interprètes :
Origine :
Danse :
Mp3 :

Paroles

Il était un roi d'Yvetot
Peu connu dans l'histoire
Se levant tard, se couchant tôt,
Dormant fort bien sans gloire
Et couronné par Jeanneton
D'un simple bonnet de coton
Dit-on

Oh, oh, oh; ah, ah, ah, ah,
Quel bon petit roi c'était là,
La, la

Il faisait ses quatre repas
Dans son palais de chaume
Et sur un âne pas à pas
Parcourait son royaume
Joyeux, simple et croyant le bien
Pour toute garde, il n'avait
Qu'un chien.

Il n'avait de goût onéreux
Qu'une soif un peu vive
Mais en rendant son peuple heureux,
Il faut bien qu'un roi vive.
Lui même à table et sans suppôt
Sur chaque muid levait un pot
D'impôt !

Aux filles de bonnes maisons
Comme il avait su plaire
Ses sujets avaient cent raisons
De le nommer leur père
D'ailleurs il ne levait le ban
Que pour tirer quatre fois l'an
Au blanc !

Il n'agrandit point ses états
Fut un voisin commode
Et modèle des potentats
Prit le plaisir pour code.
Ce n'est que lorsqu'il expira
Que le peuple qui l'enterra
pleura.

On conserve encore le portrait
De ce digne et bon prince
C'est l'enseigne d'un cabaret
Fameux dans la province
Les jours de fête souvent
La foule s'écrie en buvant
Devant.

Commentaires

Cette chanson politique fut écrite en 1813 contre Bonaparte. Ce souverain débonnaire est tout le contraire de l'Empereur. En 1813, cette chanson eut un immense succès, mais ne se chantait qu'à mi-voix.
En fredonnant ces deux vers "Il n'agrandit point ses états, Fut un voisin commode", tous le monde pensait aux guerres que menaient les soldats français dans toute l'Europe depuis plus de quinze ans...
Par un curieux retournement de l'histoire, le succès de cette chanson dura sous la restauration, et tout le monde voulut voir en Louis XVIII un nouveau roi d'Yvetot !