Germaine (Nivernais)
Informations diverses
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Paroles

C’était un jour Germaine dans son jardin joli
C’était un jour Germaine dans son jardin joli
Par là vint à passer trois jeunes cavaliers
Ont salué pucelle, pucelle que voici.
Je ne suis point fillette, messieurs, je vous le dis
Mon père m’a mariée à quinze ans et demi
Voilà bientôt de sept années que j’n’ai vu mon mari
Dites-moi donc, madame, le nom de vot’ mari
Il se nomme le comte, le comte de Lyon,
Le meilleur gentilhomme de tous les environs
Dites-moi donc madame, pourrez-vous nous loger ?
Oh, non, oh, non messieurs, je n’peux pas vous loger ;
La foi que j’ai jurée, je ne peux la fausser.
Dites-moi donc, madame, où nous pourrons loger.
Montez, montez là-haut, dans ce château joli.
Vous y trouv'rez la mère, la mère de mon mari.
Elle a de belles chambres et de beaux lits carrés,
Et de bell'écuries pour vos chevaux loger ;
Vous direz qu'c'est Germaine qui vous a envoyés.
Bonjour, bonjour, madame, pouvez-vous nous loger ?
Entrez, entrez, messieurs, à boire et à manger,
Aussi de jolies brunes pour vous accompagner.
Et quand ce fut à table, à table pour souper
Nous ne pouvons ni boire, ni boire ni manger
Sans que Germaine soit là pour nous accompagner.
Buvez, mangez, messieurs, je vais l’aller chercher.
Je ferai mon possible poure vous l’amener.
Mais je ne réponds pas que je réussirai.
Bonjour, bonjour, Germaine, y a trois messieurs chez nous ;
Ils ne peuvent ni boire, ni boire ni manger
Sans que Germaine soit là pour les accompagner
Si vous n’étiez la mère, la mère de mon mari
Je vous ferais manger par mes grands chiens-lions ;
Je vous ferais conduire sous le pont de Lyon.
La dame s’en retourne dans son château pleurant :
Buvez, mangez, messieurs, elle ne veut pas venir ;
C’est la plus méchante qu’il y ait dans le pays.
Restez, restez, madame, moi j’irai la quérir…
Quand ils eurent soupé, bien bu et bien mangé.
À la porte de Germaine, ils se sont en allés.
Germaine, ouvre la porte, la porte à ton mari !
Si vous voulez qu’je croie que vous êtes mon mari,
Donnez-moi des indices de la première nuit.
Te souviens-tu Germaine de la première nuit ?
En te serrant les doigts, ton anneau d’or cassa ;
Tu en as la moitié et l'autre la voilà.
Germaine, ouvre la porte, la porte à ton mari !
Si vous voulez qu’je croie que vous êtes mon mari,
Donnez-moi des indices de la seconde nuit.
T'en souviens-tu Germaine, de la seconde nuit
En montant sur le lit, ton pied gauche a glissé
Ton pied gauche a glissé, Germaine, tu es tombée.
Oh, lève-toi, servante, servante allume les flambeaux
Allume les flambeaux aux quatre coins du logis
Pour recevoir le comte, le comte, mon mari.
Références
Rapporté par Achille Millien dans le tome I des Chants & chansons : littérature orale & traditions du Nivernais (Morvan, Bazois, Amognes, Puisaye, Vaux d'Yonne, de Loire et d'Allier, etc.) en 1906, page 206 (Lire en ligne).
Coirault : 05303 Germaine, Laforte : II, I-03 Le retour du mari soldat : L’anneau cassé
Échelles : Pour la partition A, page 206, 7 degrés : Mode de Do 5671234 ; pour la partition B, page 209, 6 degrés : Mode de La 456712 ; pour la partition C, page 211, 7 degrés : Gamme mineure harmonique 34567123